Planifier l'économie

Avant de parler de la distribution des richesses, je souhaite me pencher un peu plus sur les potentiels bienfaits d'une organisation sociale qui reposerait sur un État central. Parmi ceux-ci, il y a la capacité à planifier l'économie.

Le cadre économique en vigueur est celui d'une société productiviste. Pour s'enrichir, il s'agit de produire autant de biens et de services marchands que possible - la fameuse croissance du PIB, qui sont ensuite consommés en interne ou bien exportés vers d'autres nations en échange de devises. Cette idéologie productiviste est directement en lien avec une pratique de la consommation sans limite. La justification de cela s'appuie souvent sur la question de l'emploi. C'est en consommant plus que la production sera stimulée et que de l'emploi sera créé. En réalité, tout ceci se fait au détriment du bien-être des populations et de l'environnement.

Je pense que la question de l'emploi et de l'organisation de la production pourrait être résolue de manière bien plus pertinente dans le cadre d'un État central, par la planification. Pour cela, il s'agirait d'engager deux débats qui sont liés, un débat pour décider ce que nous voudrions consommer, et un autre pour décider de ce que nous voudrions produire. Relier ces deux débats permettrait de poser la question du coût humain et écologique de notre consommation, de penser la consommation de manière quantitative et qualitative, en lien avec les contraintes qu'elle implique.

Ces débats permettraient de faire des choix clairs sur ce que nous voudrions produire et ce que nous ne voudrions pas produire, en fonction de la volonté collective, des coûts humains, et des coûts matériels. De la même manière, nous ferions des choix sur ce que nous voudrions importer, et en fonction de cela, ce que nous voudrions exporter. Nous pourrions ensuite définir des critères de quantité et de qualité pour répondre à ces ambitions. Puis, les différents secteurs d'activités et les différentes échelles territoriales seraient impliquées pour parvenir à co-construire un plan de production global satisfaisant ces besoins. Le plein emploi serait assuré. En cas de progrès dans l'automatisation ou de changement dans les besoins, les variations du besoin en travail humain pourraient conduire à des réaffectations vers d'autres secteurs ou à une réduction globale du temps de travail.

Sur le plan du pilotage de la consommation, d'une part, il serait possible de définir ce qui est disponible et ce qui n'est l'est pas, afin de privilégier des pratiques de consommations de biens durables, de qualité, sobres sur le plan matériel, permettant la maintenance, le recyclage, et le partage. D'autre part, il s'agirait de déterminer la valeur des biens et des services mis à disposition, afin d'orienter les choix de consommation en fonction des disponibilités et des volontés à moyen et long terme.

Date de création : 07 décembre 2018
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